Pour débuter par une note ironique, on peut observer que dans un certain milieu intellectuel, est de « Droite » tout ce qui ne s’est pas proclamé de “Gauche”. Si j’admets l’ecxecivité de l’aphorisme, constatons la difficulté pour les gens de droite d’affirmer leur conviction et d’en expliquer la teneur.
Une myriade de définitions, variant selon les individus !
On se dira Gaulliste ou bien Bonapartiste ou encore Monarchiste et l’on en déclinera les nuances ! Une interminable dichotomie ! Libéral, oui mais, Thatchérien, Reaganien ou bien d’Alain Madelin? Sarkhoziste de Gauche ou de droite ? Chrétien-démocrate de droite ou du centre ?
En effet, « Etre de Droite » n’est pas une théorie, c’est un phénomène, une manière de penser. C’est un courant de pensée obéissant à une certaine logique avec ses penseurs, et ses héros du conservatisme. Mais pour notre salut, nous n’avons jamais eu à droite, d’équivalent du « Capital » de Marx, ni du « Petit Livre Rouge ». Nous observerons que ce « déficit théorique », cette « lacune abstractive » ou bien ce juste ce pragmatisme est compensés par un culte de l’homme providentiel.
C’est une gageure de vouloir donner une définition à l’engagement à droite.
L’objet de cet article est loin d’être exhaustif compte tenu du sujet et de son importance, il n’a pour prétention que de définir les grandes lignes et d’ouvrir le débat.
Nous pouvons ainsi dégager trois tendances à savoir : le Conservatisme, le Libéralisme et le Patriotisme.
Le Conservatisme
C’est le socle historique de la pensée de droite. Beaucoup d’historiographes définissent, à l’origine, le courant comme un mouvement critique de la Révolution Française. Il est porté par des écrivains comme Edmund Burke (Anglo-irlandais), Joseph de Maistre (Savoyard) et Léopold de Bonald. Ce courant n’est pas, à proprement parler, contre-révolutionnaire, c’est une réflexion critique incisive sur les dérives de la Révolution et en cela, il ne s’oppose pas à toute amélioration du système.
C’est bien un « modernisme », impliquant la nécessité politique du respect de la loi face au risque d’anarchie et prône la continuité sans rupture des autorités traditionnelles et naturelles (aristocratie, religion, roi, grands électeurs). Ces institutions étant, par nature limitées dans le temps puisque construction humaine. C’est la base de la pensée de droite qui veut que le bien de la cité, de l’ordre naturel des choses, soit préservé uniquement par l’observance d’un principe de précaution. Il s’oppose par là même au nihilisme de la table rase. En fait, considérons ici le conservatisme comme une réflexion se rapportant au temps des choses et au délai.
Cette obligation du respect de la loi, des institutions, de la nécessité d’Ordre, se retrouve, d’une manière pervertie, dans l’Absolutisme Napoléonien. Les continuateurs de cette doctrine seront Napoléons III avec « le parti de l’Ordre » et le Gaullisme, dans une version plus libérale, c’est la constitution de 1958, et sera illustrée en mai 68, par la phrase « la réforme, oui, la chienlit, non ».
Mais ce sera aussi, soyons honnêtes la base de l’idéologie d’extrême droite, avec l’Etat français, méprisant la liberté et la démocratie. C’est bien là le constat du risque de dérive absolutiste endémique de la France, un traumatisme post-révolutionnaire français où le seul droit du peuple serait alors, celui de la rue, de la masse. Nous sommes ici au cœur de la problématique politique française en général, c’est la question de la liberté. Si un nombre conséquent de penseurs se sont intéressés aux phénomènes totalitaires et ont fini par y succomber parfois, la question des libertés reste centrale.
Le libéralisme
Au XIXe siècle, une nouvelle génération de penseurs comme, de Montalembert et Tocqueville, ils introduisirent dans leur réflexion la nécessité de la liberté et de la démocratie pour le bien de la cité. C’est la naissance de ce qui sera la Démocratie Chrétienne.
Ce libéralisme est empreint de stoïcisme. Et donc, ne peut se concevoir, sans une foi en la Providence, ou en Dieu soit en la croyance en un ordre naturel. Ce sont bien là, les principes de base de la doctrine permettant au système de rester vertueux.
Ainsi, dans cette optique, le « Pouvoir, marchand » suprême, l’empire du Marché est limité de facto par sa nature matérielle, puisque par définition, tout n’est pas à vendre, tout n’a pas une valeur marchande. Et cette dernière, basse ou haute est indissociable de la réalité d’un objet. Certes le marché doit fonctionner librement, mais le « tout mercantile » est une erreur liberticide. Arrêtons de voir le libéralisme comme un dogme, pour le triomphe d’une autre d’absolutisme! Le capitalisme est un phénomène naturel, difficilement théorisable dans un absolu.
Et il découle de cette observation la nécessité d’une croyance et la nécessité d’élever le politique par des valeurs transcendantes comme le patriotisme.
Le Patriotisme
Appartenir à un pays est un acte constant de mémoire, un souvenir de l’attachement. L’amour de la patrie comme une obéissance à ses lois dans le respect de ses traditions. Nous n’évoquerons pas le fantasme nationaliste du peuple, de la race et son territoire mais la réelle fierté et la gratitude, que l’on a de vivre dans un pays. Ce sont là des valeurs communes et primordiales.
Les révisionnistes actuels, de tout genre, les juges de l’histoire ou bien ceux qui désirent assumer aveuglement notre passé, dans sa totalité, se trompent de débat. Je ne condamnerai pas mon passé car il n’a aucune réalité physique. Au mieux, il faut tirer une leçon de cette histoire et la partager comme un bien commun. Nous formons une communauté, unie par sa langue, son histoire, ses lois, et cela par-delà l’origine de classe, de religion et de couleur. C’est un espoir! Nous formons qu’un seul pays, uni dans son idéal patriotique : la Laïcité.
Cette dernière si elle reste critiquable, en soi, par son absolutisme borné et son incompréhension du religieux, elle demeure néanmoins une valeur, un espoir, pour bien de nos compatriotes. Elle constitue pour la majorité des Français un repère absolu et fédérateur de cohésion sociale. C’est de cet ordre des choses qu’il faut entamer notre réflexion et arrêter de pratiquer la table rase, manie acquise par la Révolution et qui consiste à rejeter ce que nous avons vénéré.
Comprenons ainsi la Laïcité dans sa substance comme un droit, garantissant une liberté, celle de choisir son engagement, sa foi, par son propre jugement, par-delà les antécédents de classe, de famille ou d’origine. On est bien là, en présence d’une Loi vertueuse, d’une liberté, le reste est folklore et spéculation de mauvaise foi.
Cette valeur supérieure maintenue est en fait rassurant et constitue un vecteur de sécurité, et est effectivement une dynamique de liberté individuelle, une garantie de stabilité. Ce patriotisme découle bien d’un conservatisme et d’une attitude libérale, ce n’est pas le fantasme d’une nation, mais c’est bien une réalité.
Conservatisme, Libéralisme et Patriotisme, voilà ce qui fait de vous des gens de Droite.
Remarquons, en conclusion les points faibles de la pensée de droite française :
C’est, en premier lieu, la difficulté de se détacher du culte de la personnalité et d’une certaine tentation d’absolutisme, cette dernière étant un mal national non exclusif à la droite.
En second lieu c’est la fascination pour le monde anglo-saxon, On le constate avec le Thatchérisme, le communautarisme, le patriotisme de l’Amérique de Reagan, mais aussi pour le système démocratique anglais. C’est une lacune certaine, réduisant l’idéologue de droite à un traducteur plus ou moins brillant.
Quel futur pour la Droite en France ?
Que sera-t-elle au 21éme siècle ?
Pour seulement y apporter un élément de réponse, dans cette période plus que troublée, je préconiserai un retour aux bases, en élargissant le débat sur les rapports entre l’Homme et de la Nature, qui, je pense, en bon stoïcien conservateur, est notre seule référence fiable.
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Je partage la même idée "une aide individuelle et gratuite des moins favor [...]
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